Organisation de la pêche professionnelle

Le Comité national de la pêche professionnelle en eau douce (Conapped) est l'organisation représentative des pêcheurs professionnels. Il regroupe dix associations agréées réparties sur l’ensemble des bassins hydrographiques français.

Le Conapped

Constitué le 10 mars 2008, sous l’égide du ministère de l’Écologie et dans le cadre de la loi sur l’eau, le Comité national de la pêche professionnelle en eau douce (Conapped) réunit les dix associations agréées de pêcheurs professionnels en eau douce : Adour, Garonne-Dordogne, Gironde, lacs alpins (lacs Léman, du Bourget et d’Annecy), Loire-Atlantique, Loire-Bretagne, Rhin, Rhône aval Méditerranée, Saône-Doubs et Haut-Rhône, Seine-Normandie.

Son conseil d’administration compte vingt-deux membres. Il est actuellement présidé par Didier Macé, pêcheur professionnel et président de l’association de Loire-Atlantique.

Le Conapped a succédé à la Cnapped (Coordination nationale de la pêche professionnelle en eau douce), association créée par les professionnels en 1988.

Un interlocuteur privilégié

Le Conapped est l’interlocuteur des pouvoirs publics au niveau national : ministères de de la Transition écologique et solidaire, de l’Agriculture, Office français de la biodiversité (OFB), France Agrimer.

Il assure un suivi des dossiers dans les instances nationales telles que le Comité national de l’eau (avec ses commissions de suivi hydrologique et pêche, cette dernière donnant les avis sur les modifications de la réglementation de la pêche en eau douce), le Comité national PCB, le Comité national anguille, le Comité national de la biodiversité,…), contribue au Conseil spécialisé pour les produits de la mer, de l’aquaculture et de la pêche professionnelle en eau douce.

Ses missions

  • Représenter et promouvoir les activités des pêcheurs professionnels fluviaux et maritimes
  • S’impliquer dans l’organisation de la profession
  • Réaliser des actions économiques et sociales
  • Participer à la préservation du milieu aquatique
  • Contribuer à la gestion équilibrée des ressources et à l’amélioration des conditions de production
  • Diffuser le savoir-faire
  • Fournir une assistance technique à la profession
  • Contribuer aux études scientifiques et économiques
  • Travailler en lien avec les instituts scientifiques : Muséum national d’histoire naturelle, IRSTEA, Ifremer, CNRS, INRA, universités
  • Participer aux discussions sur les mesures réglementaires
  • Informer ses adhérents de l’actualité de la profession

Ses actions

  • Valorisation des espèces abondantes (lamproies, silures, mulets) ou invasives (écrevisses)
  • Mises en place des partenariats dans le cadre de la sauvegarde de certaines espèces (l’anguille avec EDF et Indicang)
  • Organisation d’une filière de repeuplement de l’anguille
  • Préconisation des techniques de pêche en accord avec une pêche durable (guide de bonnes pratiques) en collaboration avec le Cnpmem
  • Participation à la définition et à la mise en œuvre de la Stratégie nationale des poissons migrateurs (Stranapomi)

Radioscopies de la pêche continentale française et européenne

Visions hexagonales

En 1985, Gérard Castelnaud de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) de Bordeaux parcourait trois siècles (XVIIIe-XXe) de pêche aux poissons migrateurs en Gironde, enquête historique et économique qu’il concluait de plusieurs propositions de gestion dont un appui technique à la profession.

À partir de 1992, universitaires et chercheurs sont allés régulièrement à la rencontre des pêcheurs professionnels en eau douce. Cette année-là, l’Irstea de Bordeaux, de nouveau, dressait un premier panorama national des composantes socio-économiques d’une profession alors forte de plus de 500 entreprises et de plus de 600 pêcheurs (1, 2, 3 et 4).
Sept ans plus tard, en 1999, Yves Perraudeau et Loïc Champion, du laboratoire universitaire de recherche en économie maritime (Len Corrail) de la faculté des sciences économiques et de gestion de Nantes, s’attachaient de nouveau à évaluer l’impact social et le poids économique de la pêche continentale française. En 2000, Gérard Castelnaud publiait Localisation de la pêche, effectifs de pêcheurs et productions des espèces amphihalines dans les fleuves françaisIl dressait, en 2002, avec Gilles Cauvin de l’Institut des milieux aquatiques (Ima), dans une étude halieutique et socio-économique, les Caractéristiques des petites pêches côtières et estuariennes de la côte atlantique du sud de l’Europe.
En 2005, dans le cadre de la commission consultative pour les pêches et l’aquaculture dans les eaux intérieures de la FAO (CECPAI), Gérad Castelnaud publiait, avec Claudine Loste, du CEPRALMAR de Montpellier, et Loïc Champion, de la faculté des Sciences économiques et de gestion de Nantes, La pêche commerciale dans les eaux intérieures françaises à l’aube du 21esiècle : bilan et perspectives.

En 2009, le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du développement durable et de la Mer (Meeddm) confiait au bureau d’études, And international, le soin d’ausculter une profession qui a perdu, en à peine vingt ans, près d’un tiers de ses effectifs.

En 2018, France Agrimer publiait une étude sur la valorisation économique des espèces invasives d’eau douce en France.

Aperçus européens

En 2009, And international passait également en revue l’ensemble des pêcheries continentales européennes dans le cadre des études liées à la mise en œuvre du fonds européen pour la pêche et à l’intervention de l’Union européenne dans la pêche commerciale intérieure.

On retrouve des pêcheurs continentaux dans 21 des 27 États membres de l’Union européenne. En République Tchèque et au Danemark, les pêcheries professionnelles comptent moins de 20 pêcheurs. La Belgique, Chypre, Malte, le Luxembourg, la Slovaquie et la Slovénie réservent l’exploitation de leurs ressources piscicoles aux pêcheurs de loisir et/ou à l’aquaculture.

Monographies régionales

« Le système fluvio-estuarien de la Gironde est soumis à de fortes pressions humaines (réceptacle des pollutions du bassin, dragage et immersion de sédiments, refroidissement de la centrale nucléaire, navigation, aménagement des berges, urbanisation…) en constante évolution. S’y ajoute l’effet du réchauffement climatique avec une augmentation de la température moyenne de l’estuaire de 2 °C en 30 ans, et, depuis 2003, une succession d’années sèches et donc de débits fluviaux très faibles (excepté 2008) » écrivent Michel Girardin, Gérard Castelnau et Jérémy Lobry, d’Irstea, en introduction de leur ouvrage, paru en décembre 2014, Surveillance halieutique de l’estuaire de la Gironde. Suivi des captures et étude de la faune circulante en 2013 (1, 2 et 3).
Sur les 30 dernières années, la diversité faunistique s’est maintenue, mais « la tendance lourde à la baisse d’abondance se poursuit » ajoutent-ils. Aloses et anguilles se raréfient. L’éperlan n’a plus été aperçu depuis 2006…

Dix associations agréées de pêcheurs professionnels en eau douce

Les pêcheurs professionnels de l’Adour et des versants côtiers

Le bassin de l’Adour est un petit bassin hydrographique de 17 000 km².

L’association compte 71 pêcheurs fluviaux et marins-pêcheurs, qui fréquentent les eaux de la partie aval de l’Adour et les Gaves. Sont aussi exploitées les ressources des courants côtiers de Mimizan et de Contis, appellations des petits fleuves de moins d’une dizaine de kilomètres dans les Landes. En Adour, les pêcheurs professionnels, majoritairement pluriactifs, ciblent aloses, lamproies, saumons, truites de mer et anguilles à l’occasion. Mais ce sont les civelles qui représentent 80 % de l’activité. Elles sont la raison de pêcher quasi-exclusive des pêcheurs à temps partiel.
Depuis sa création, au milieu des années 1980, l’association a perdu environ 80 % de ses effectifs.

Les pêcheurs professionnels de Dordogne et de Garonne

Cette association, créée en 1986, rassemble la quarantaine de pêcheurs fluviaux de Garonne, Dordogne et de Charente.

Une trentaine d’entre eux est installée tout au long de la Dordogne. Brochets, perches, sandres, barbeaux, vandoises, mulets, lamproies marines et fluviatiles sont des captures habituelles en fonction des saisons.

Sur la Garonne, dans sa traversée du Lot-et-Garonne, ils ne sont plus que deux à pêcher à plein-temps, mais leur activité est en partie contrainte par la pollution aux PCB. De l’amont du pont de Langoiran (Gironde) jusqu’à la source de la rivière, ils ne peuvent actuellement capturer que des anguilles mesurant moins de 60 cm. Ils pêchent également poissons blancs et autres lamproies.

La Charente accueille, elle, 9 professionnels ayant tous l’autorisation de sortir les tamis à civelles la saison venue.

Les pêcheurs professionnels de Gironde

En 1987, année de sa création, l’association départementale des pêcheurs professionnels en eau douce de la Gironde regroupait 182 pêcheurs. Elle n’en compte plus aujourd’hui que 37 répartis sur les eaux de la Garonne, de la Dordogne et de l’Isle.

Ils capturent, à l’aide de filets et de nasses (appelées bourgnes), des espèces migratrices : lamproies, crevettes blanches, silures, anguilles et civelles.

Cette activité de pêche est profondément ancrée dans la culture locale, comme le prouvent les nombreuses recettes traditionnelles qui mettent en valeur ces poissons, la plus célèbre d’entre elles étant la lamproie à la bordelaise.

Moratoire aloses

Depuis 2006, face à la diminution inquiétante de la population de grandes aloses, les pêcheurs professionnels ont décidé, en accord avec les services de l’État, d’établir un moratoire sur la pêche afin de donner à l’espèce les chances de se reconstituer au plus vite.

Convaincus de leur rôle de veilleurs de l’environnement aquatique, et témoins de la dégradation de celui-ci, les professionnels de Gironde alertent les pouvoirs publics et tissent des partenariats avec les scientifiques pour améliorer les connaissances des espèces patrimoniales qu’ils pêchent. Depuis 2010, ils participent notamment à une vaste étude destinée à mieux comprendre la biologie et le comportement de l’anguille dans les milieux estuariens.

Les pêcheurs professionnels des lacs alpins

C’est sur les trois lacs alpins, Léman, Annecy et Le Bourget, que la pêche professionnelle en eau douce en France est la plus dynamique. L’association des pêcheurs professionnels des lacs alpins, créée en 1985, compte aujourd’hui 75 membres.
Ils sont soixante-trois sur le Léman, où quelques licences de pêche sont encore disponibles, dix sur le Bourget et deux sur le lac d’Annecy. Tous ces pêcheurs vivent de cette seule activité. Ils y capturent corégones, perches, ombles chevalier, truites de lac, lottes, brochets, écrevisses qui font le bonheur des restaurateurs et de leurs clients.

Accord franco-suisse pour la pêche

La pêche sur le lac Léman est, depuis 1980, réglementée par un accord franco-suisse, revu tous les 5 ans, pour améliorer la gestion de la ressource. La dernière révision date de janvier 2016. « Il s’agissait, pour l’essentiel de toiletter et de simplifier l’accord. Toutes les nouvelles dispositions ont été prises après discussions et d’un commun accord entre toutes les parties » indique Michaël Dumaz, président des pêcheurs professionnels des lacs alpins. Au nombre des nouvelles mesures pour les pêcheurs professionnels : l’augmentation de la maille des filets à omble chevalier de 32 à 35 mm, le passage de la taille de captures des ombles de 27 à 30 cm, la possibilité d’utiliser deux nasses à perches supplémentaires, portant le nombre total de nasses à huit, et l’interdiction du tramail durant la période de frai de la perche. Les quotas d’alevinages restent identiques.

Les pêcheurs professionnels de Loire-Atlantique 

Aujourd’hui, l’association agréée des pêcheurs professionnels en eau douce de Loire-Atlantique compte 79 adhérents : 36 fluviaux, 34 marins-pêcheurs et 9 compagnons. Ils étaient 237 à la création de l’association en 1988 dont 150 marins pêcheurs. Une baisse, enregistrée depuis le début des années 1990, qui s’explique par les nombreux départs de marins-pêcheurs, ayant profité des plans de cessation d’activité successifs.

Sur la Loire, les territoires de pêche s’étendent de Cordemais, à l’aval, à Varades, quelque 100 km plus en amont. 3 pêcheurs sont également installés sur l’Erdre, affluent rive droite du fleuve. La Sèvre nantaise, affluent rive gauche, n’est exploitée que la saison des civelles venue. 7 autres pêcheurs posent leurs nasses et filets sur le lac de Grand-lieu, plus grand lac de plaine français en hiver.

Ils pêchent, pêle-mêle, civelles, anguilles jaunes et argentées, lamproies, aloses, mulets, brochets, sandres, silures, poissons blancs, écrevisses et crevettes blanches.

L’association contribue à l’acquisition de connaissances techniques et scientifiques sur son territoire dans le cadre de multiples partenariats pêcheurs/scientifiques, à l’image du taux d’exploitation et de la migration de l’anguille argentée à Grand-Lieu, de la lamproie en Loire, de la mise en place d’un engin sélectif pour la capture des écrevisses exotiques envahissantes.

Les pêcheurs professionnels du bassin de Loire-Bretagne

L’association couvre l’ensemble des départements du bassin versant de la Loire, hors Loire-Atlantique (Allier, Cher, Creuse, Deux-Sèvres, Indre, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Loire, Haute-Loire, Loiret, Nièvre, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Puy-de-Dôme, Vendée, Vienne et Haute-Vienne) et les départements de Bretagne (Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine et Morbihan).

À sa création, en décembre 1985, l’association comptait une cinquantaine de pêcheurs. Ils ne sont plus, qu’une trentaine en 2019. Ils louent des lots sur les cours d’eaux du bassin de la Loire (Loire, Allier, Cher, Vienne, Maine, Mayenne et Sarthe) ou détiennent des licences sur la Vilaine en Bretagne. Ces pêcheurs déploient leurs filets et posent leurs nasses du Puy-de-Dôme au Morbihan.

D’amont en aval

Les professionnels installés le plus en amont (Loire dans la Nièvre et Allier dans le Puy-de-Dôme) exercent leur activité à temps partiel et font porter leurs efforts de pêche sur la friture et accessoirement sur les carnassiers (silures, brochets et sandres).

Dans le « centre » du bassin, sont recherchés la friture également, mais aussi le silure et les espèces migratrices (aloses, anguilles, mulets et lamproies).

Un peu plus en aval, en Indre-et-Loire et Maine-et-Loire, les pêcheurs ciblent anguilles jaunes et argentées, lamproies, aloses, silures, friture et poissons blancs.

Collaborations scientifiques

L’association participe à des études menées dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature III, portant principalement sur l’évaluation de l’abondance d’anguilles argentées du bassin de la Loire à l’amont d’Ancenis et sur l’analyse de la dynamique des populations d’aloses en Loire moyenne. Ces études, financées par le FEDER, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et l’Établissement public Loire, impliquent une collaboration scientifique entre l’université de Tours, le Muséum national d’histoire naturelle et l’ensemble des pêcheurs au guideau sur la Loire (pour le suivi des anguilles argentées) et des pêcheurs au filet-barrage (pour le suivi des aloses).

Dans un souci de promotion de la profession, de ses techniques de pêche et de son implication dans l’économie locale, l’association accueille des groupes scolaires ou d’étudiants dans le département d’Indre-et-Loire.

Les pêcheurs professionnels du Rhin

À sa création, en 1988, l’association interdépartementale des pêcheurs professionnels en eau douce du bassin du Rhin regroupait quelque vingt-et-un membres. Ils ne sont plus que cinq aujourd’hui. Trois exercent dans le département du Haut-Rhin et deux dans le Bas-Rhin. Les professionnels occupent actuellement une vingtaine de lots, répartis sur le Rhin (grand canal d’Alsace), le vieux Rhin et l’Ill, un affluent traversant la plaine d’Alsace. Pour pérenniser le métier, des démarches sont actuellement menées pour promouvoir l’activité et étoffer les effectifs sur l’ensemble du bassin, et plus particulièrement sur la Moselle, capable d’accueillir quatre ou cinq nouveaux pêcheurs.

Les uns et les autres capturent anguilles, brochets, sandres, tanches, carpes, silures, barbeaux, aspes, ablettes et autres poissons blancs. Sur l’Ill et ses affluents, des restrictions de consommation et de commercialisation des anguilles et des brochets de plus de 1500 g sont toujours en vigueur.

« Pêcher moins, mieux et tout commercialiser »

« Ce sont des investissements de longue date qui m’ont permis de développer et de maintenir ma philosophie de pêche, alliant préoccupations environnementales, sociétales et financières. En résumé : pêcher moins, mieux et tout commercialiser. » indique Adrien Vonarb, pêcheur professionnel sur le Haut-Rhin et président de l’association du bassin du Rhin. Il valorise les espèces abondantes, les transforme en tourte, quiche, les fume. « Cette approche m’autorise une totale indépendance de capture dans le respect de la biomasse » explique Adrien Vonarb, en passe de transmettre son entreprise à un jeune pêcheur.

Grâce à leurs connaissances des espèces et de l’écosystème, les professionnels sont également sollicités lors de travaux de « suivi scientifique ».

Les pêcheurs professionnels de Rhône aval-Méditerranée

L’association compte vingt-deux membres qui exercent dans les étangs et lagunes méditerranéennes d’eau douce ou saumâtre, les canaux, et le fleuve Rhône, axe majeur du bassin.

Onze pêcheurs sont installés sur le fleuve Rhône sur une zone longue de plus de 200 kilomètres, entre Port-Saint-Louis-du-Rhône et la confluence de l’Isère en amont de Valence. Ils y pêchaient traditionnellement les anguilles, dont la pêche est désormais interdite, en raison des interdictions PCB qui subsistent en aval de la confluence avec la Durance, et suite au refus des services de l’État d’autoriser de nouveau sa pêche dans le Rhône moyen. Ils exploitent mulets et loups sur la zone mixte, en aval d’Arles, silures et sandres sur le petit Rhône et plus en amont.

Huit pêcheurs sont installés sur l’étang de Vaccarès, vaste étendue d’eau en Camargue de quelque 6 000 hectares. Trois autres exploitent l’étang de Vauvert-Gallician en petite Camargue, dans le Gard, et deux des étangs du département de l’Hérault. Ces pêcheurs ciblent essentiellement anguilles et sandres, et parfois l’écrevisse de Louisiane.
Pour vivre décemment de leur métier, certains effectuent des pêches scientifiques nécessaires à l’évaluation, en quantité et en qualité, des ressources piscicoles, et des pêches de sauvetage lors de vidanges de plans d’eau ou de canaux.
Enfin, l’AAIPPED, avec l’appui du Conapped, monte également un projet de suivi des anguilles d’avalaison au guideau sur le Rhône dans le cadre du Plagepomi. À suivre !

Les pêcheurs professionnels de la Saône, du Doubs et du Haut-Rhône

Depuis la fusion en 2015, des associations des pêcheurs professionnels de la Saône – Haut-Rhône et de Franche-Comté, cette grande association s’étend sur les départements de la Haute-Saône, du Doubs, du Jura, du territoire de Belfort, de la Côte-d’Or, de la Saône-et-Loire, de l’Ain et du Rhône. Elle compte une trentaine de membres, dont de jeunes pêcheurs installés depuis le printemps 2015, et trois compagnons.

Les uns et les autres exploitent des lots situés sur l’ensemble du linéaire, sur le Haut-Rhône entre la frontière suisse et Lyon, la Saône, la Seille, affluent de la rive gauche de la Saône et le Doubs. La plupart de ces cours d’eau sont encore sauvages, comme la Saône en amont de Châlons. Chaque pêcheur exploite de 5 à 10 kilomètres de cours d’eau.
Ils capturent essentiellement sandres et ablettes, petits poissons, vendus, depuis toujours, aux restaurants de bord de rivière qui les cuisinent en friture. Mais nombre de ces pêcheurs sont aussi investis dans les projets et les travaux de gestion, de préservation et de restauration des milieux aquatiques : prairies inondables de la Saône propices à la reproduction du brochet, ou projet d’étude du rôle du silure dans l’évolution des peuplements de poissons, par exemple… Leurs fiches de captures, renseignées à chaque sortie, apportent aux services gestionnaires des éléments essentiels à la connaissance des populations piscicoles.
L’association mène actuellement un travail conséquent de recensement des cours et autres « points » d’eau, gravières entre autres, susceptibles d’accueillir de nouveaux pêcheurs, en prévision du renouvellement des baux de pêche le 1er janvier 2022.

Les pêcheurs professionnels de Seine et du Nord

Depuis 2008, la contamination des eaux de la Seine par les Pcb a mis la pêche professionnelle en sommeil. De longues années d’inactivité, mises à part quelques pêches scientifiques effectuées ici et là, qui n’ont pour seule finalité que d’apprécier la qualité de la ressource !

Ils sont encore 4 pêcheurs à espérer reprendre leur gagne-pain quotidien un jour ou l’autre. À son origine, en février 1986, l’association interdépartementale des pêcheurs professionnels en eau douce des bassins de Seine et du Nord comptait quelque 25 pêcheurs.

En 2008, elle en regroupait encore onze, compagnons compris.
L’association couvre 26 départements, de la Manche aux Vosges, du Pas-de-Calais à l’Yonne, mais seule la Seine dans sa traversée du département de l’Eure, de l’amont du barrage de Poses, ouvrage situé à 140 km de l’estuaire, et à 25 km de Rouen, aux abords de Paris, accueillait des pêcheurs.
Dans leurs nasses et filets, ils capturaient gardons, brèmes, carpes, tanches, perches, brochets, sandres, silures et anguilles.