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Au chevet mondial des espèces migratrices

5 mai 2026

La 15e édition de la Cop sur les espèces migratrices s’est tenue en mars dernier. A notamment été rappelée la nécessité de poursuivre les actions déjà engagées dans le cadre du plan anguille européen.

Elle est plus discrète que sa médiatique « consœur » sur le climat. Mais elle en est néanmoins à sa 15e édition (21e pour la Cop sur le climat). La Conférence des parties (Cop) sur les espèces migratrices s’est tenue du 23 au 29 mars dernier, à Campo grande au Brésil. Des discussions qui réunissent, tous les trois ans, depuis 1988, les 133 pays signataires de la Convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices, ratifiée en 1979, traité que la France a intégré en 1990.

Entre autres décisions de cette Cop : la poursuite du plan d’actions sur l’anguille européenne (anguilla anguilla).

« Partout dans le monde, les espèces migratrices vont plutôt mal, et parmi elles, les espèces de poissons migrateurs, excellents indicateurs de la qualité des milieux aquatiques, sont sûrement celles qui se portent le moins bien. Elles font désormais l’objet d’une attention particulière de la Cop. Un conseiller scientifique y est spécialement dédié. » indique Jean-Philippe Siblet, scientifique au Muséum national d’histoire naturelle, spécialiste des zones humides et membre de la délégation française à cette Cop.

324 espèces de poissons d’eau douce migrateurs

324 espèces de poissons migrateurs sont des espèces d’eau douce migratrices qui, réparties sur l’ensemble des milieux aquatiques, ici et là sur le globe, souffrent invariablement de la présence d’obstacles entravant leur libre-circulation, des modifications des régimes hydrologiques, des dégradations des habitats, des pollutions et de la pêche.

Plus largement, a également été préconisée la nécessité d’établir des réglementations contraignantes sur l’exploitation minières en eaux profondes, de renforcer les luttes contre les pollutions plastiques et marines, contre les perturbations sonores humaines sous-marines, contre les changements climatiques, contre les prises accessoires du secteur de la pêche et le braconnage. « Une notion de gestion intégrée, chère à la Cop, pour rappeler qu’on ne résoudra pas les questions de poissons migrateurs si on ne s’attaque pas à toutes les problématiques des milieux aquatiques » complète Jean-Philippe Siblet.

En 2024, la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage pointait que les prélèvements illégaux et/ou non durables menaçaient la survie de 70 % des 1 200 espèces répertoriées dans cette même convention.

La Cop, mode d’emploi

On y prend des résolutions. On y décide de l’inscription d’espèces dans les annexes, annexe 2 pour les espèces devant faire l’objet de mesures de protection concertées dans les pays qu’elles traversent ou colonisent, annexe 1 quand une espèce doit être protégée dans chaque pays de son aire de répartition. « Lors de la 15e édition de la Cop, a notamment été proposée l’inscription à l’annexe 1 de plusieurs espèces de poissons-chats du bassin amazonien, des espèces notamment menacées par les activités d’orpaillage » indique Jean-Philippe Siblet.

Bref panorama des espèces de poissons migrateurs menacées dans le monde. Toutes les photos ont été aimablement fournies par ©Zeb Hogan.

Par ordre d’apparition : 1. goonch Bagarius yarrelli, 2. beluga (esturgeon), 3. poisson-chat géant du Mékong, 4. saumon du Danube, 5. carpe géante siamoise, 6. dorado doré (Salminus brasiliensis), 7. dorado doré (Salminus brasiliensis), 8. Panga géant (pangasius sanitwongsei), 9. poisson-chat wallago, 10. Piraiba, 11. Barbeau de Julien (seven striped barb), 12. Hucho taimen (saumon de Sibérie)