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Saône-Doubs-Haut-Rhône : les pratiques fautives des pêcheurs de loisir plombent l’activité des professionnels.

Sur le bassin Saône-Doubs-Haut-Rhône, les pratiques illégales de certains pêcheurs de loisir de nuit, carpistes et siluristes, se multiplient et nuisent fortement aux activités des pêcheurs professionnels.

Agressions physiques et verbales allant jusqu'aux menaces de mort, dégradations et vols de matériels... Il ne fait pas bon être pêcheurs professionnels en Saône, dans le Doubs ou en Haut-Rhône. « Depuis le début de l'année 2018, 90 % des adhérents de l'association ont été confrontés à de tels actes de malveillance. Le nombre de plaintes déposées a été multiplié par 300 %, par rapport à l'année passée. L'un de nos jeunes pêcheurs doit demander à son beau-père de l'accompagner pour surveiller sa voiture quand il pose ses filets. Inquiet d'avoir à exercer son activité dans un tel climat délétère, un jeune qui voulait s'installer à renoncer à le faire » indique Frédéric Pin, président de l'association agréée interdépartementale de la Saône, du Doubs et du Haut-Rhône. Des incidents à répétition provoqués, pour la plupart, par les pêcheurs de loisir, pratiquant notamment la pêche de nuit.

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 Chaque capture de « silure-trophée » attire les siluristes avides de record.

32 procès-verbaux d'infraction en une nuit

« Cette pêche est autorisée pour la carpe. Les pêcheurs professionnels et les pêcheurs amateurs aux engins l'ont admise depuis 1998. Mais sa pratique, circonscrite à des portions de cours d'eau parfaitement définies, est extrêmement réglementée. Et aujourd'hui, ces pêcheurs de nuit n'hésitent pas à s'installer sur des lots détenus par des pêcheurs professionnels sur lesquels ils n'ont aucun droit, pour cibler, qui plus est, les silures, une pêche nocturne totalement interdite » explique Frédéric Pin. Interdiction rappelée en gras et lettres capitales sur le site Internet de la fédération de pêche de Saône-et-Loire. « En toute circonstance, la priorité est donnée à la navigation et aux pêcheurs professionnels » est-il également mentionné. « Certains pêchent même à la bouée, reliée à la berge par une corde tendue au-dessus de l'eau. Impossible pour un pêcheur professionnel de la voir. Aux commandes de son bateau, il risque de la heurter, pourrait le déstabiliser, tomber à l'eau et se noyer » déplore Frédéric Pin. Les trois-quarts des présidents des fédérations du bassin sont conscients des « dérives » de leurs adhérents. Les administrations de tutelle en sont informées. En Saône, les gendarmes ou les gardes-pêche se déplacent à chaque fois qu'ils sont appelés. « Lors notamment d'une de leurs interventions nocturnes en Haute-Saône, 32 procès-verbaux ont été dressés. Dans le Doubs, les descentes des forces de l'ordre sont moins systématiques » précise Frédéric Pin.

La justice entre en jeu

Six pêcheurs de loisir seront jugés par un tribunal avant la fin de l'année. Déjà en janvier 2017, le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône condamnait l'un d'eux, également guide de pêche, à 105 heures de travail d'intérêt général, pour avoir crevé à quatre reprises, fin 2015, les pneus du véhicule d'un jeune pêcheur professionnel de Saône.

À suivre donc...

Frédéric Véronneau